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Laboratoires Théa : un dynamisme économique au service de l'emploi et du territoire

15h50 - 13 janvier 2020
Laboratoires Théa : un dynamisme économique au service de l'emploi et du territoire
Théa compte aujourd'hui 450 salariés en France dont 367 travaillent au siège clermontois de l'entreprise. 

Une étude a mesuré l'impact des laboratoires clermontois sur l'économie locale, régionale et française. L'entreprise du Brézet génère jusqu'à 1.900 emplois en France. Décryptage avec Jean-Frédéric Chibret, son président.

Au siège de l'entreprise, rue Louis Blériot, à Clermont-Ferrand, les travaux vont bon train. 1.344 m² de nouveaux locaux sont sortis de terre récemment. Ils seront opérationnels à l'automne. Théa, spécialisée en ophtalmologie, va y aménager des bureaux mais aussi un laboratoire de recherche. Sous l'effet d'une croissance remarquable, « portée par les nouveaux produits et les nouveaux pays », résume Jean-Frédéric Chibret, son président, cette société indépendante est dans l'obligation de pousser les murs. Grâce à sa trentaine de filiales réparties dans le monde, elle devrait approcher les 600 millions d'€ de chiffre d'affaires pour l'année 2019. Tous les mois, des annonces de recrutement sont publiées, sur les réseaux sociaux (Linkedin) ou via des cabinets spécialisés. Les laboratoires, fondés par Henri Chibret en 1994 (toujours président du directoire), compte actuellement 450 salariés en France, dont 367 basés au siège clermontois (1.407 au total avec les filiales étrangères). Loin du capitalisme à l'anglo-saxonne, parfois obnubilé par la recherche de la rentabilité à court terme, Théa se singularise par son capitalisme familial, avec un actionnariat très ramassé (trois personnes), porteur d'une vision à long terme. La quasi-totalité des bénéfices sont d'ailleurs réinjectés dans l'entreprise.

Pour la première fois dans son histoire, une étude, réalisée par le cabinet BIPE-BDO Advisory, a mesuré l'impact de Théa sur l'économie française au titre de l'année 2018. On y apprend que les laboratoires ont généré 234 millions d'€ de richesse nationale (PIB), un apport qui a été multiplié par 3,5 depuis 2010. Plus parlant encore, avec ses 410 emplois directs (de l'époque), le groupe génère en réalité 1.900 emplois en France, dont 1.190 en région Rhône-Alpes et 610 dans le Puy-de-Dôme. « Cela prend en compte les emplois directs, indirects et induits au rang 1. Ce sont à la fois nos fournisseurs et nos façonniers, ancrés sur le territoire, mais aussi le pouvoir d'achat et les dépenses générées par nos salariés », souligne Jean-Frédéric Chibret, qui précise que cette étude n'intègre pas les filiales implantées à l'étranger.

Le document démontre également toute la singularité de Théa qui, contrairement à ses homologues français du G5*, externalise la plupart de sa production. Avec à la clé, en termes d'emploi, un coefficient multiplicateur intéressant de 2,6, bien supérieur à celui des autres membres du G5 (0,6). « Nous faisons travailler énormément de fournisseurs et façonniers différents. »

Revers de la médaille, l'étude pointe du doigt les risques liés à la poursuite d'une politique de très forte régulation par les prix menée par les pouvoirs publics. « Celle-ci menace, à terme, l'ensemble de la filière française en ophtalmologie, pourtant reconnue à l'international pour son excellence », s'inquiète le patron des Laboratoires. En effet, tout un tas de produits de service à faible marge (vendus entre 5 et 10 €) se retrouvent aujourd'hui sous la menace d'un effet ciseaux entre l'évolution des coûts de production et la pression exercée sur les prix. « Il faut garder des prix raisonnables », insiste Jean-Frédéric Chibret, alors que la France affiche déjà dans le secteur des collyres des prix parmi les plus bas en Europe.

Heureusement, Théa peut aussi compter sur l'innovation, la recherche et le développement. De vraies marques de fabrique. « En 25 ans, nous avons sorti 25 innovations », met en avant le Président. Le Labo a d'ailleurs lancé en 2019 « Théa Open Innovation », où officient une douzaine de collaborateurs. L'entité travaille de concert avec des start-ups ou des universités, comme celle de Saint-Étienne. « Nous portons un projet sur un milieu de conservation des greffes de cornées. »

En parallèle, si la fondation Théa investit chaque année 150.000 € dans des projets d'intérêt général ou humanitaire, les Laboratoires mécènent de nombreuses structures locales, notamment dans les domaines culturel et sportif. Outre l'ASM, elle apporte son soutien à la Comédie de Clermont, aux festivals Europavox et de la Chaise-Dieu, à l'Orchestre national d'Auvergne... ou encore au Festival international du court-métrage. Elle y a consacré 410.000 € en 2018. Et ça, c'est pas du cinéma !

(* G5 : il rassemble les grands laboratoires français. Outre Théa, on retrouve Biomérieux, Ipsen, Guerbet, LFB, Pierre Fabre, Sanofi et Servier)

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